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LE PROJET ZANMAI

 

Zanmai est un terme bouddhiste japonais qui signifie à la fois concentration de la méditation (zazen) et tranquillité de l'esprit.

 

En mai 2022, j’entreprends un voyage de plus de 35 000 km à vélo vers le Japon, en passant par le nord-est des États-Unis, le Canada, la côté ouest américaine,  l'Amérique Centrale, du Sud, l'Australie, l'Asie du Sud Est, la Chine et la Corée du Sud pour passer 6 mois dans un temple zen afin de continuer ma formation de moine. 

Un voyage à vélo centré sur zazen

La pratique et l’étude d’une voie spirituelle nous font faire — en principe — le constat qu’il n’existe pas de bonheur plus complet que celui de se tourner vers les autres, de les aider. Je me suis interrogé alors sur la meilleure façon qui était pour moi d’aider les autres. La réponse a été immédiate : montrer la posture de zazen. Car c’est humblement ce que je sais faire de mieux, en tout cas, avec le plus de confiance et de foi.

Zazen n’est ni réservé à une élite, ni lié à des croyances religieuses ou même mystiques. Je ne me définis d’ailleurs pas comme un "religieux". Trop lourd de sens, ce mot suscite plus de méfiance que d’inspiration. Je me sens davantage mû par une voie universelle — c’est-à-dire que tout le monde peut pratiquer — qui passe par le corps et qui a été transmise de maîtres à disciples depuis près de 2600 ans, sans aucune croyance dogmatique à l’appui.  

C’est la raison précise qui me pousse — lors de ce voyage —  à faire la démonstration de zazen à ceux qui veulent bien en faire l’expérience. J’ai l’intime conviction que si chacune et chacun pratiquait zazen ne serait-ce que quelques minutes par jour, le monde n’en serait que meilleur. Car zazen, c’est se relier à l’ordre des choses et cesser la lutte sous toutes ses formes. Zazen, c'est le retour à la condition normale du corps et de l'esprit. Mais c’est aussi pénétrer une réalité plus vaste et plus profonde qui est commune à tous, et s’extraire de celle qui se limite à notre conscience personnelle et discriminatoire. 

 

Ainsi mon projet est de faire connaitre cette posture d’éveil tout au long de mon parcours. 

Mais aussi d'aller à la rencontre d'autres sangha, dans d'autres monastères zen (aux USA, Canada, Amérique du Sud).  Une belle manière, je pense, de créer du lien et de comprendre l'histoire du zen à travers le monde. 

La part d'invisible

Ce voyage est aussi l’occasion pour moi de continuer un travail artistique déjà entrepris à travers la photographie dont le thème est l’ineffable, l’indicibleEt d’ajouter à cela une série d’entretiens filmés où les questions iront directement sonder le cœur des gens. Curieux d’ailleurs, de partir en quête de l’indicible par le biais de la parole. Si les mots sont limités, j’ai tout de même la conviction que l'être humain possède en lui ce langage éternel, commun à toutes formes d’existences, qui nous renvoie une conscience collective et primitive, dépouillée de dualisme et de discrimination. 

C’est précisément autour de ces questions que je souhaite m’entretenir avec des femmes et des hommes de tous âges, confessions, ou origines. 

Pourquoi le vélo ? 

Le vélo semble être le moyen le plus approprié pour entrer en contact avec le monde et permet d'emprunter les chemins insolites. Sans compter les vertus écologiques de cette fascinante invention. 

Mon itinéraire n’est pas figé. J'ai souhaité au départ traverser l'Europe pour rejoindre l'Asie pour me rendre — sur un fond teinté de pèlerinage — dans les pays où le zen Soto a pris racine et où il s’est développé : L’Inde où il trouve ses origines 500 ans avant J-C, la Chine où il s’est développé au 5ème siècle sous l'appellation de Ch’an, puis au Japon où il a pris sa forme actuelle au 13ème siècle. Ce n’est qu’à la fin des années 60 que le zen Soto s’est répandu aux États-Unis et en Europe grâce à la mission de grands maîtres japonais (Shunryū Suzuki Roshi, Taizan Maiezumi Roshi, Taisen Deshimaru Roshi).

Mais les incertitudes liées à la guerre en Ukraine ont changé la donne. Et c'est contre le vent, que je vais entreprendre ce voyage, en passant par les États-Unis, le Canada, l'Amérique centrale et du sud avant de rejoindre l'Australie, l'Indonésie, l'Asie du Sud-est, la Chine, la Corée du Sud et enfin le Japon.

STANISLAS KOMYO WANG-GENH

Né en 1980 de parents moine et nonne de la tradition zen Soto, j’ai grandi dans l’univers des dojos et temples bouddhistes. Depuis la petite enfance, j'ai pris pour exemples les pratiquants de la Sangha (la communauté), assis immobiles en zazen, le crâne rasé, vêtus de l’auguste Kolomo (la robe noire). Ils sont aujourd'hui les précurseurs de l'implantation du zen sur la terre européenne. 

À l'origine de cette histoire : la figure du Maître japonais Taisen Deshimaru (1914-1982), arrivé en France en 1967 pour y planter la graine du zen. Mon père Olivier Reigen Wang-Genh, compte parmi ses proches disciples. À son tour, il est devenu Maître zen, et c'est son enseignement que je suis aujourd'hui.  

Encore nourrisson, le nom bouddhiste de Komyo m’a été donné par Maître Deshimaru en 1981. J'ai pris refuge dans les préceptes à l'adolescence, et c'est en 2014 que j'ai reçu l’ordination de moine (tokudo). Durant trois ans et demi, j’ai été formé au Temple Zen Ryumonji à Weiterswiller en Alsace.

En mai 2022, j'entreprends un voyage de plus de 35.000 Km à vélo vers le Japon pour y continuer ma formation de moine dans un temple Zen au Japon (Ango).

Diplômé d'une école de journalisme (CELSA) et d'une école de réalisation audiovisuelle (CLCF), j’ai toujours exercé la profession de reporter-réalisateur. Dans la lignée zen de Maitre Deshimaru, les moines et les nonnes peuvent travailler dans le monde social et avoir une vie de famille.  

 


 

Le moine zen Stanislas Komyo Wang-Genh